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Réseaux sociaux : la friction est-elle l’avenir de la modération ?

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Face aux défis de la modération en ligne, certains appellent à lutter contre la viralité des contenus haineux et de désinformation, plutôt que de chercher à les faire disparaître à tout prix.
Lorsqu’un utilisateur de Twitter veut relayer un article sans l’avoir lu, le réseau social l’encourage désormais à cliquer sur le lien en question avant de le partager. (Tingshu Wang/Photo Tingshu Wang. Reuters)
publié le 29 novembre 2020 à 12h58

Trois semaines avant l'élection présidentielle américaine, Twitter a modifié le fonctionnement de son outil le plus emblématique : le retweet. Plutôt que d'appuyer sur un bouton pour partager le message d'une autre personne, il faut dorénavant cliquer sur… deux boutons. Anodin ? Pas tant que ça. L'objectif d'un réseau social est de proposer une expérience fluide, sans accroc, pour que nous passions le plus de temps possible sur leur plateforme. En compliquant (un peu) le retweet, Twitter a assumé, au contraire, d'ajouter de la friction dans cette expérience.

Le concept de friction est souvent invoqué pour lutter contre notre addiction aux nouvelles technologies. Le but : créer de petits obstacles numériques pour nous faire réfléchir, rien qu'une demi-seconde. Ai-je vraiment envie de m'inscrire à ce service, de lui céder mes données ? Cette stratégie du grain de sable peut aussi s'appliquer au domaine de la modération en ligne. Lorsque Twitter a modifié ses retweets, c'était pour ralentir la désinformation sur son réseau, qui se nourrit de messages partagés en masse. Sur le même thème, lorsqu'un utilisateur de Twitter veut relayer un article sans l'avoir lu, le réseau social l'encourage désormais à cliquer sur le lien en question. On peut aussi citer l'exemple

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